Ne le dis à Personne

« – Ne le dis a personne. Chut c’est un secret… Surtout je t’en supplie ne le dis pas c’est un secret. – Oui évidemment je refuserai d’en parler. »

Sirène d’urgence. Ça retentit dans la rue, ça retentit dans mon coeur.

– Mais pourquoi? – Parce que. j’ai honte.

Honte de ce qui vient de m’arriver. Honte de ce que cela signifie. Honte d’avoir été l’objet de désir d’un autre homme que toi. En anglais elle dit, « I was taken advantage off » mais surtout, certainement pas, « Raped ». Les sirènes résonnent à nouveau dans la rue. Les ont-ils attrapé?

En Français, un mot, viol. Peu besoin de dictionnaire. Parce qu’elles ont honte. Parce qu’elles ont peur. Parce qu’il n’est pas facile de raconter dans un froid bureau devant un inconnu les détails crus d’un viol. Parce que la moitié des viols sont commis par une personne connue, ce qui complique considérablement le recours à la justice.

« Promis je ne dirai rien évidemment petite sotte. Tu es juste une chatte. Une autre sexe que je transperce. Je ne me souviendrai même pas de toi, enfin. Je te dis pardon en pensant t’étais bonne salope. T’étais sacrément bonne quand t’avais les seins de travers – que tu te débattais vainement, voulant te défaire de mon empoigne velue. » Puis je disparais. Je reviendrai kiffer ton profil Instagram certains soirs de fête ou l’ivresse est grise et lourde, et que cette érection nauséabonde me fait oublier le poids de mes pêchés.

Alors, à l’autre, à lui, à tous ces hommes qui pensent avoir le dernier mot. Je vous vomis dessus comme vous venez de vomir sur la femme dont je suis éperdument amoureux. Sale lâche et ton pays de l’absurde. Tu fais ça elle était ivre et progressivement tu te déculpabilises. Mais comment tu peux peureux comment tu peux faire ça.

On est toujours innocent d’un autre drame. Nous sommes des millions dans ce grand jeu de la fausse ignorante indifférence. Nous perdons et ils gagnent.

Quand ça me tombe dessus, je ne sais plus rien. Plus rien des discours ni de qui je suis. Devrais-je cracher sur chacun de ces mâles qui se lèchent les babines en matant l’harmonie sensuelle et charmante de ma femme? J’ai longtemps essayé d’ignorer ces regards masculins, mais aujourd’hui je vis cela comme un assaut. Alors je soutiens les regards, je soulève de la fonte, et je pense à la prochaine fois, à celle où l’on criera mon nom et que, comme Mud, j’irai régler des comptes.

America Poèmes

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