Amour désinvolte

« Tu as été la lumière de mon existence, ses racines, et les fondations de son bonheur. Tu m’as ouvert les yeux sur ce que c’était qu’une relation amoureuse, sur ce que c’était que le partage, à l’amour, sur ce que c’était que de vibrer dans les bras de sa femme.

Il y a tout d’abord ces yeux. Ces yeux de biche couleur noisette, à l’origine de ce que je ressens pour toi. Ces yeux élégants et mystérieux qui disent tout d’un éclair furtif. Ces yeux si profonds qu’on s’y jette et qu’on s’y noie. Ces yeux qui m’ont tout appris et tout donné, de l’absurde de ce siècle au bonheur d’exister ensemble malgré tout. Ces yeux qui toujours, feront frémir les hommes.

Depuis tes yeux, je redécouvre doucement ton nez fin, calme, doux et serein. Puis je m’abandonne à la vue de tes lèvres pulpeuses, qui m’emportent dans un flot inconscient de rêves fous et de désirs d’ailleurs. Depuis ton ventre, je redécouvre ta peau brune. Ton nombril, doux et soyeux, tes hanches auxquelles je me serais offert en pâture sans jamais me lasser, ma langue, mes doigts, mon bassin contre le tien. Bassin que j’aurais voulu empoigner toute ma vie, garder près de moi, caresser, ou laisser exister, mais toujours protéger. Tes hanches, que tu bouges délicatement lorsque le beat t’envoûte et que tu te laisses aller. Tes cuisses musclées que j’ai toujours aimé mordre. Tes pieds, si doux et si beaux que mon coeur se réchauffe à leur vue. Et tes mains, fines, gracieuses, qui ont su me faire tout oublier, me rendre ivre et entier. Ces mains avec lesquelles j’aurais voulu danser des milliers de valses.

Ta lettre fut définitive.

Elle ne m’a laissé aucun espoir. Je t’avais quitté ce weekend là, profondément malheureux. J’avais gâché la fête. Quand je lis et relis toutes les choses que tu m’écris, tous ces différents événements restés en travers de ta gorge, je vois glisser en toi au fil de l’eau le goût du doute, les gouttes de sueur froide quant à notre belle histoire d’amour, ces cicatrices ouvertes et vives. Une lettre de juin venue rattraper notre nuage, nous tirer en dehors de nos rêves, nous ramener sur le bitume brutal et la terre sèche. Une lettre datant d’un samedi de juin venue témoigner de ton niveau de confiance, ainsi assis vingt mille lieux sous les mers, au côté des poissons des grandes profondeurs.

J’aurais voulu caresser toutes tes plaies et embrasser tes larmes, j’aurais voulu te tenir dans mes bras jusqu’à temps que la tristesse se calme, et te chuchoter à l’oreille, “je t’aime, et on va y-arriver, crois moi”. J’aurais voulu taire ces voix intérieures qui nous disaient que nous n’étions pas suffisants, ces instincts négatifs, ces peurs, ces angoisses, ces tourments invisibles. Malgré mes multiples efforts, je crois que je ne suis jamais parvenu à te rendre l’intégralité de ce que tu me donnais. Pour cela, je te demande pardon.

Sache,

Que j’ai pleinement conscience de la beauté de ta personne, de la profondeur de ton être, de ton intelligence du coeur, de ta capacité à donner. Que tu es une femme fantastique, talentueuse, brillante. Que quand je pense à ce que tu représentes dans ma vie, je sais à quel point tu y donnais du sens. Que tu as été la plus belle personne qu’il m’a été donné de rencontrer. La plus droite, la plus forte, la plus intelligente, la plus aimante, la plus sincère. Que tu es la personne dont n’importe quel homme sensé rêve. Qu’un homme que j’admire fut séparé de sa femme quelques années, pour se trouver lui-même, comprendre qui il était. Qu’ils se retrouvèrent des années plus tard, pour se redécouvrir, se réapprendre, et se marier.

Mériter.

Tu mérites mieux que cela. Tu mérites un homme qui quelque soit son âge, sa provenance, son histoire, saura toujours trouver en lui la certitude qu’il doit exister, rien que pour être ton homme. Tu mérites un homme qui fera de toi son ambition permanente, qui t’aimera à l’infini et te respectera toute sa vie. J’aimerais pouvoir être cet homme-là, mais je ne le suis pas. Je suis un jeune homme imparfait, qui se mange les peaux des mains jusqu’au sang. Je suis un jeune homme anxieux, qui parle tous les jours tout seul. Je suis un jeune homme tourmenté, qui discute chaque jour à voix haute des définitions que ce monde lui impose et qui mène un combat éternel contre lui-même, avec lui-même, et contre le monde tel qu’il l’imagine, jusqu’à en perdre le souffle et la tête. Je suis un jeune homme qui souhaiterait manger le monde et le recracher lorsqu’il irait mieux sans pour autant savoir par quel bout commencer. Je suis un jeune homme qui aura été incapable de protéger le plus beau cadeau que la vie ait pu lui offrir.

Famille.

Pour cette dernière saison, je porterai sur mon dos le numéro 5. C’était avec ce chiffre que la vie avait souhaité que je grandisse. Autant que je puisse me rappeler, c’est la première fois que j’ai esquissé quelques larmes après la mort de mère. “Je ne pourrai plus jamais dire, on est tous les 5” Un numéro important pour moi. Que je serai heureux de revêtir. Qui je l’espère, me donnera un second souffle dans les moments difficiles, sur ce terrain. Pour moi. Pour elle. Il y aura senior’s night. J’aurais aimé pouvoir t’y voir. Il y aura ma graduation. Ce sera mon tour de partir. J’aurais aimé pouvoir t’avoir près de moi, près de ma famille.

J’aurais voulu te regarder vivre ainsi, marcher dans ta cadence nuptiale, demander ta main et te rendre heureuse. Te donner trois enfants et devenir le meilleur des pères. J’aurais voulu faire de toi mon ultime priorité. Je n’en n’ai pas été capable. Je me plierai à cette fin. Si, dans un futur proche, tu as besoin de couper les ponts, fais-le. Si, dans les années à venir, tu as besoin de ne plus entendre parler de moi, prends tes distances. Je ne chercherai pas à te contacter. Par respect.

À la fin de cette lettre, la balle est dans ton camp. C’est toi qui prend les rênes. Tu es devenue une part de moi-même que je vais chérir jusqu’à la fin des temps. Je porterai notre histoire d’amour à l’intérieur, toute ma vie. Tu auras été une étoile scintillante dans cette sombre nuit pleines de doutes. »

America Départ Poèmes

Martin Tout Terrain View All →

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