Lettres à un vieil ami

« Au moment de t’écrire, j’ai tous les sens de notre amitié qui me reviennent en mémoire. Les paysages, les odeurs, les sons. La mer et le clapotis de l’eau comme berceuse en Grèce. Les crêpes Bretonne, du Gepetto à la cuisine rue de Staël. Le zinc de ton toit. Les grands espaces de la Californie. L’odeur de notre feu improvisé, puis la douceur des blagues des copains dans une cellule de désintoxication. La piscine de Mona, les séances de cinéma improvisées dans le bureau de Bary. Des larmes, des rires. De la force. Une fil d’attente, à 11ans, toi avec E, moi avec V. Le premier contact. Un été trop brûlant en Bourgogne. Le premier pacte. »

« J’espère que cette femme se montrera à la hauteur, et sinon, il “te restera ça”. J’aime beaucoup cette tournure de phrase que tu emploies, elle est juste et me rappelle que nous sommes les créateurs du sens de notre vie. Cet été, tu vas continuer de créer, d’imaginer, de penser et de réfléchir. »

« J’aime me dire, que quelque part, un endroit nous attend, déjà prêt. Un havre, baigné d’un soleil orange en fin d’après-midi, avec devant nous la mer et l’horizon. Deux chaises se balançant, se lassant d’être vide. Une bouteille de Martini blanc, et le monde, a défaire et refaire. Quel que soit les âges. »

« Crepon comme le papier. 1 de plus, à la fois ensembles et loin l’un de l’autre, pour un instant seulement parce que l’on sait instinctivement qu’un jour, quelque part dans le monde, en Grèce, au Rwanda, ou au Paraguay depuis nos chaises à bascule, on se racontera ces années en regardant le soleil se coucher, puis se lever. Ces journées loin l’un de l’autre, ces souvenirs bâtis sur des aventures inattendues, sur le spontané et cette soif de la vie chaque jour apprendre ce que l’on veut et ce que l’on ne tolère pas – apprendre à s’aimer soi même sans flatterie ni chevilles qui enflent. Chaque jour qu’on célèbre dans l’anonymat incertain – parce que si la fame ne t’intéresse point, elle elle ne tardera pas à s’intéresser à toi. Profite de ces ballades nocturnes en douce compagnie, de ces mots d’amour susurrés à l’oreille, de ces promesses avant l’aube, de l’empire du soleil levant, du Cambodge et de toutes les destinations du monde. Aime. Jusqu’à la déchirure. Aime. Même trop, même mal. Chaque jour se comprendre un peu plus, comprendre que ces années on les passera à fermer des bouches, défoncer des portes, pousser des gueulantes, comprendre que 23 piges, c’est que le début, parce que le repos, ce sera à la toute fin, quand à 99 bougies, sur le seuil de nos vies, on aura plus faim. Ελευθερία – c’est surement ainsi qu’aurait du commencer ce texte, c’est ainsi qu’il s’achèvera. Parce que comme disait Faya quand il citait Marx, il n’y a de liberté que dans le combat, et ça, toi, tu l’as compris et tu le vis, comme un tatouage au quotidien, comme le mot passion, du latin pati, souffrir, pour affronter toujours les affres de nos vies comme le prix à payer pour cette compassion, qui nous rend humains. »

« Il a fallu partir, après un break d’hiver extraordinaire. Trouver un équilibre et une stabilité, se comprendre soi et savoir vraiment ce que l’on veut, pourquoi l’on fait ça. C’est la dolce vita, la notre, celle de tous les gens qui comme nous sont fous, fous de vivre de comprendre et de grandir. »

« Une séparation physique longue et difficile, qu’on réussit à surmonter pour se retrouver comme avant. Être à l’arrière de cette vespa comme au bon vieux temps, au gré du vent de liberté loin de la compétition. Juste libre ensembles, follement libre ensembles. T’étais le dernier sur la liste de cette douloureuse soirée dans ce Paris qui plante des frissons. T’as été là au début et tu seras la jusqu’à la fin. Tu m’as pris dans mes bras quand je perdais ma mère, tu m’as pris dans mes bras quand je perdais mes repères et tu prendras mes fils et filles dans tes bras. Je te souhaite donc un beau réveil, réussi. Je sais que tu parviendras à dompter le quotidien. We can’t give it up. Love, Love, Love, Love. »

« Il faut que tu saches. Il faut que tu saches le courage que tu as en toi. La force immense que tu habites. Tu forces mon admiration tous les jours. Tu as connu des épreuves qu’aucun d’entres nous, aucun, n’a eu a connaitre. Tu as bouffé de la merde. Oui je parle mal, mais je parle vrai. Tu as su être un grand garçon, un grand jeune homme, et tu sais parfaitement te définir, petit a petit, comme un grand homme. Tu t’es arraché de tout, tu n’avais encore qu’un maigre duvet au dessus des lèvres, tu es parti au bout du monde. Nous étions tous encore confortablement installé dans nos habitudes, et toi tu n’as jamais rien abandonné. La rage au ventre. Ne doutes jamais de toi, au plus profond. »

« Janvier 2020. Tout est bon. Vol à l’heure. L’équipe est en place. Soldat de l’ombre, t’avais compris ça avant moi. Ah oui et n’oublie pas, va tous les taper. On fait ça pour nous, pour la 6’4, pour Detoc, Karsenti, Girard, les vendredi et la vie sauvage à Desnouettes, et un peu pour les autres, les imbus d’eux mêmes, ceux qui prennent de haut, ceux qui donnent le mauvais exemple. On traversera tout mon amour, la tête haute et en se tenant la main. Merci de m’accompagner, tu rends ma vie plus belle et plus douce. »

Croquer on doit, croquer on va. Parce que si on ne dévore pas qui nous remplira ? Alors déblayez le passage, on arrive et on saura tenir tête haute. Merci d’avoir été mon terrain infaillible de répétition,
Merci pour le répondant et pour avoir aiguisé nos yeux et nos canines.
On se sera bien gratté la langue et on aura tapé sur nos panses. Vol haut et bien. Cœur lourd en plein ciel, tu me laisses le cœur serré à terre. Bientôt les étreintes éternelles. Merci d’être ce cœur à vif qui inspire le mien. Tu me pousses, me grandi, tu me fais rire et m’émeut Allez, encore le rocking-chair, toujours lui. Hasta Luego vieux loup blanc 🌌 »

« Des rêves, des doutes, des cris, des angoisses, des blessures, des joies, des rires, des étreintes, de jolis mots, des projets, des larmes, des victoires. Tout ce qui forge l’homme que tu es et l’amour invincible que je te porte. » 

« Je réalise un peu plus, jour après jour, la chance que j’ai de t’avoir dans mon petit monde. Tu le rend plus vivable et plus facile. En ce mois de Septembre grisâtre a Paris, je réalise, ému et fier que nous fêtons notre première décennie ensemble. Depuis dix ans tu es mon rempart, mon pilier, celui qui m’améliore. L’infaillible. Une amitié comme ça c’est impensable. Je t’envoie tout mon amour. »

« Écoute Somos de julio Iglesias

C’est fou

Il m’arrive de pleurer en pensant à toi

Et à nous 

À cette amitié 

ce qu’on partage

ce qu’on s’est dit 

ce qu’on se dira

Aux baptêmes de feu

Aux occasions futures

Aux souvenirs 

À tes enfants qui seront aussi les miens

À ta famille qui est aussi la mienne

Tendresse comme remède à la mélancolie

Sensible pour seule corde à son arc

Merci de toujours être là

I do not take any of what you’ve done for me for granted. »

Amitié

Martin Tout Terrain View All →

Dites m’en un peu plus sur vous.

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