TLSE INDUSTRY

“How are you doin’ today?”

“Allez c’est pour moi”

c’est comme ca que le Franco Américain commence chacune de nos soirées passées ensemble

Ces soirées dans les airs,

départs cosmiques jusqu’à la fin 

jusqu’au monde de demain déjà si loin.

Quand il lui arrivait de te répondre au téléphone 

tu savais que la musique, elle prendrait une autre tournure 

que les bpm allaient résonner dans ton corps dans ton coeur

d’une manière neuve et nouvelle

il te faisait écouter du son à n’en plus pouvoir

et toujours il riait

sans cesse il riait

jamais il ne plissait les yeux 

ne baissait les bras

ne plierait bagages 

ne déposerait armes,

ne laisserait couler moindre larme.

Polo n’avait qu’une seule obsession 

celle de niquer toutes les mères 

décidé au million 

presque comme la fin en soi 

la faim en soi

ne rien laisser derrière lui 

sauf les sillons de poussière causés par sa maserati

son GranTurismo

son GTA a lui

cette vie sinon quelle vie.

Comme bien des humains sur la terre 

Il s’était bâti en tant qu’homme 

dans la cour aux lions 

à taper le point contre le mur et à crier 

violenter l’autre pour se sortir de soi

évidemment qu’il avait la rage

comme chaque homme et chaque femme qui porte en son sein des fragments de cette enfance troublée

qui viennent altérer nos comportements

et la manière dont nous appréhendons le monde,

la rage d’avoir grandi sans père ni repères.

Être défoncé,

ça Polo,

il connaissait 

il avait toujours

les bons numéros à composer 

comme ses rôles multiples

la bague au doigt et le sourire aux lèvres

la queue en avant et le pet’ dans le portefeuille

“Tony il s’appelle haha. C’est un grossiste, un business to business de base, mais tu connais, j’me suis arrangé avec lui. Il a tout c’que tu veux. Il vient me chercher a l’aéroport quand j’ai besoin”

Seul dans la foule immense 

plutôt que mal accompagné 

au féminin,

comme au masculin

il n’avait que faire des médisants 

de ceux qui se perdaient 

dans le rapide speed et les mots sordides.

Hors de question 

d’ouvrir sa gueule bêtement, d’accorder sa confiance vivement,

il reconnaissait de très loin les gens qui étaient crispés

les saoulés,

les apeurés,

les banquiers,

les filous frileux,

les wannabes,

les gens, il les sentait en un clin d’oeil 

il savait qui ils étaient 

et n’oublierait jamais

ceux qui avaient causé

ses malaises et malheurs 

échec scolaire et allers-retour au poste

bagarres non désirées 

avec des voyous des environs 

des qui,

eux aussi, 

voulaient leur part du gâteau 

leur part du marché 

vendre abondamment à ceux qui erraient dans le tieks

à la recherche de la défonce 

de sensations fortes et de cerveaux en ébullitions.

Polo c’était la beauté d’un rire tonitruant 

c’était death before dishonor

d’un éclair business

il t’emmenait loin de tout,

pour un temps ou une mi-temps.

À l’abandon de soi 

on trinquait tous les deux

tous les jours à la vie

à deux à trois à quatre

à plusieurs ou en solitaire

on faisait l’éloge des tours du monde 

de nos consciences, 

de nos désirs,

et de nos espoirs.

Polo il flamboyait

Polo il crépitait

comme le feu de la vie 

qu’il s’était juré de vivre

“Tout le monde aura besoin de moi, j’aurai besoin de personne”

il était sur terre pour l’oseille, pas pour rouler en clio

« il m’faut les grosses thunasses, peu importe la santé,

quand j’aurai des millions j’me racheterai des reins.”

Polo il voulait culbuter le monde,

prendre sa revanche sur cette chienne de vie

qu’il allait vivre 

à sa manière

avec son individualité rafraîchissante

dans son irrévérence

comme si

en leur mettant des claques 

en tentant le diable 

en testant l’infini  

en tâtant l’éternel et les points de non-retour, 

il allait enfin pouvoir voir de quoi elle était faite, 

et si finalement, il la briserait en 2, 

en levrette, de teks, ou en missionnaire,

mon légionnaire.

De cette putain de vie,

il allait finalement trouver et reprendre 

sa liberté, celle à lui,

celle qu’il avait toujours voulu avoir,

celle qui lui appartient et puis c’est tout.

Polo c’était une île à lui même,

un homme qui ne croyait qu’en lui,

comme un Martin Eden qui sort de sa classe pour se rendre compte que de toussa,

il ne restera rien

pas de coffre fort à l’arrière du corbillard,

Juste un peu de cynique sagesse

“il était loin de se douter que les êtres remarquables, 

semblables aux grands aigles solitaires, 

planent haut dans l’azur, 

au-dessus de la terre,

et de sa banalité moutonnière”

Le gars aura été tour à tour

dealer de délire

de rails 

de tramway 

puis dealer de bouteilles –  en bouteilles

il les éclatait toutes,

les descendait d’un trait,

en te disant 

“il était bon c’ui la”

et en commandant la prochaine 

“Mais tu sais mon ami l’objectif dans la vie, c’est de trouver la meilleur bouteille, au plus bas prix. L’avantage du vin? C’est légal”

toujours et encore

c’est de l’adrénaline dont il s’agit 

Et quand il se faisait arrêter pour quelconque désespoir

en face des autorités,

des douanes,

des puissants,

il était seul,

seul avec ses médocs, sa keta et son xanax

Les keufs

qui après l’avoir tabassé, méprisé, des années durant,

maintenant le laissait passer vip

very important person

c’était ce qu’il avait toujours été

ce qu’il avait toujours voulu être

des taudis de la ville rose 

aux villas aux panneaux solaires

jamais il n’a eu aucune scrupule à faire ses 6 chiffres

et jamais il n’en n’aura.

Au présent,

c’est carlos ghosn son plus grand client 

du filou en espèce, en cash, ou en virement

les gars, solvables,

ils le sont,

alors Polo,

sans regret aucun,

fait ce qu’il sait faire de mieux

leur vend le monde et ses merveilles

les monts et les 24 carats

les chandeliers en or et les pistolets à bouteille

fallait le voir

comme il se mouvait dans ces espaces

Polo c’était le roi

le roi des caméléons

de la débrouille et des disparitions

il n’avait que faire de la gloire

et du beau 

ce qu’il voulait c’était l’indépendance

à coups de billet verts et violets 

à coup de bullets s’il le fallait

de bullet train pour l’infini et l’au-delà 

les étoiles sans dissertation

sans culture

sans au revoir

sans billet retour

car “À quoi bon être vertueux dans un monde de vice? Le vice n’est-il pas devenu une vertu?”

Polo c’était quelqu’un

qui te disait souvent

que bientôt, 

il allait mourir,

qu’il avait fait son pacte avec le diable,

666 fois,

À 20 ans à peine il crachait du caillot

il avait du sang dans les selles 

il rageait de la vie

voyait rouge quand on lui manquait de respect

Et quand il se faisait enlever

dans ces soirées sombres 

ses beuveries casino 

ses séjours Las Vegas 

il se réveillait inconscient 

aux prises avec des inconnus

qui auront tout pris de lui

de ses chaussures semelles rouges

à la carte verte et celle en or,

lui laissant des bleus sous les yeux 

et du violet sur les côtes.

“Cite moi n’importe quel family event, chances are, I wasn’t there”

fallait attendre qu’il soit seul au bar du fin fond de l’Oklahoma, en visite a du Trump supporter pour écouler des bouteilles

seul à kicker ses bars intérieures

ses poèmes tragiques 

pour qu’il laisse sortir le moindre signe mélancolie

il toussait enfin,

s’étouffait las de ces rires *coughs*

en affichant sa Rolex, marqueur de succès au pays du tosma

Et qu’en leur payant des coups,

il les insultait pour pouvoir se battre.

Combien de fois l’ai-je vu de mes yeux 

la gueule défigurée

le coeur assassinée 

et ces nuages de fumées

qui émanaient de lui 

pourtant pour Polo

la vie était très simple, c’était lui, les siens, et fuck le reste.

Et souvent au milieu des rires,

On avait les larmes qui montaient en soi

nous demandaient de sortir prendre l’air 

parce qu’au coeur de ce feu d’artifice plus grand que la vie

au bord de cette parenthèse inouïe

y-avait quelque chose d’incroyablement attristant

quelque chose qui pinçait le coeur et te prenait au ventre

c’est que ce vieux solitaire

était mort avant de naître

dans sa quête interminable de liberté

il allait exploser au vol

qui l’avait côtoyé le savait,

comme une redescente en fusée de son mont blanc

un jour où il aurait trop bu

pris les rails 

puis le volant

ce serait l’envol

vers de nouveaux cieux 

des lumières nouvelles

des bâtiments sans code

ni puk, ni carte sim

plus rien que l’extase.

On se parlait une fois par mois 

j’lui disais que je l’aimais 

et il essayait 

comme il pouvait,

de témoigner d’un peu d’amour en retour 

de me donner un peu de toussa

alors sans m’arrêter 

je lui disais de prendre soin

mais c’était déjà quand la sourdine était activée

qu’il n’en faisait qu’à sa tête

et c’était aussi pour ca 

que je savais

qu’il allait mourir seul

une femme dans chaque port

un joint dans chaque main

un demi gramme dans chaque narine 

et 14 dans le sang

le roi du camouflage ne continuerait pas comme ça 

l’acteur déposerait le masque 

il s’éteindrait comme une étoile qui fuit et qui file

un arc qui se lasse et qui craque, 

à force de tirer

se laisserait transpercer 

las des guerres insipides,

des combats sans sens 

car s’il faut donner son sang 

allez donner le votre

messieurs les présidents,

vous êtes bon apôtre.

Il s’en irait

en trébuchant

en boitillant 

Il s’en irait

prendrait ses grandes guiboles à son cou

ce vieux loup blanc te saluerait

d’un rire tintamarresque

d’un salut militaire

il s’en irait

incinéré

cendres mélangées avec ses restes de joint et les douilles de ses préservatifs

il s’en irait,

et je le regardai déjà partir,

crachant sur le monde comme on lui avait craché dessus.

Amitié Poèmes

Martin Tout Terrain View All →

Dites m’en un peu plus sur vous.

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